Aspects généraux des conditions suspensives
Les clauses suspensives, dans
un avant-contrat (voir fiche précédente), ont pour effet de suspendre la vente
à la réalisation d'
un événement futur et incertain. Ainsi, si l'événement se réalise, la vente pourra se faire ; s'il ne se réalise
pas, la promesse ou le compromis de vente sera annulé - et son bénéficiaire récupérera les sommes qu'il a versées.
La règle concernant ces conditions est
la liberté contractuelle, sachant que la plus courante, notamment
parce qu'elle est obligatoire, est la condition relative à
l'obtention d'un crédit.
En vertu de ce principe de liberté contractuelle, dès lors que le vendeur et l'acquéreur sont d'accord, une
grande diversité de
conditions suspensives peut figurer dans l'avant-contrat (par exemple, la revente préalable par le
bénéficiaire d'une promesse de son précédent logement).
La condition suspensive relative à l'obtention d'un crédit
Elle concerne l'acquéreur voulant financer, au moyen d'un ou plusieurs prêts, l'achat d'un immeuble
d'habitation ou à usage mixte (professionnel et d'habitation).
On dira alors que la promesse ou le compromis de vente est conclu sous la condition suspensive
d'obtention d'un ou plusieurs
prêts.
Cette condition suspensive est
obligatoire. Elle s'applique dès lors que l'acquéreur recourt à un emprunt,
sauf si celui-ci indique
expressément dans l'avant-contrat qu'il renonce au bénéfice de cette clause (dans ce cas, l'avant-contrat
devra préciser que le prix sera payé sans l'aide d'un ou plusieurs prêts, ou bien devra comporter la
mention manuscrite de la
main de l'acquéreur indiquant qu'il renonce au bénéfice de la loi même si, en définitive, il recourt à un prêt).
La condition suspensive d'obtention d'un prêt doit avoir une durée de validité de
un mois minimum à compter
de la signature de la promesse ou du compromis de vente ou, s'il s'agit d'un acte sous seing privé soumis à la formalité
d'
enregistrement à compter de la date de cet enregistrement.
Cependant, compte tenu du
délai d'instruction par les organismes de crédit, il est prévu une durée de validité
de la condition de
2 à 3 mois dans la majorités des cas.
Si l'acquéreur ne parvient pas à obtenir un financement dans le délai prévu, il ne sera pas engagé par l'acte
qu'il a signé (et pourra par conséquent récupérer les sommes qu'il a versées).
Certains litiges peuvent survenir quant à l'interprétation de la
notion d' "obtention du prêt". Voici les différents
cas de figure qui ont pu être envisagés par les tribunaux :
- Si l'acquéreur n'a pu obtenir le financement recherché pour des raisons indépendantes de sa volonté : la
condition suspensive joue. Il est cependant souhaitable que l'acquéreur puisse justifier qu'il a fait son possible pour obtenir le
financement dans le délai prévu.
- Si l'acquéreur ne veut pas du financement proposé : si le financement ne correspond pas à ses capacités
financières, il est en droit de refuser les propositions des organismes de crédit. En revanche, le refus d'offres de crédit en rapport
avec les ressources de l'emprunteur ne peut s'opposer à la réalisation de la condition suspensive.
- Dans le cas où l'acquéreur a indiqué dans la promesse ou le compromis de vente les conditions d'endettement
qu'il souhaite respecter (cela peut concerner par exemple le taux d'intérêt ou une mensualité maximale) : la condition suspensive
pourra jouer si les offres de crédit ne correspondent pas à ses exigences.